Isolation acoustique d’une batterie électronique – Comment limiter les bruits aériens ? (deuxième partie)

Toujours en complément de mes précédents articles sur l’isolation acoustique d’une batterie électronique ( bruits solidiens puis aériens ) je vous propose de compléter le socle d’isolation acoustique que je supposerais déjà installé pour découpler la batterie du sol, afin d’atténuer cette fois les bruits aériens.

Ce qui m’a longtemps freiné dans la publication de cet article, c’était la nécessité pour moi d’éviter de rentrer dans des explications trop techniques qui auraient découragé tout le monde. J’ai toujours pensé que le meilleur moyen de s’affranchir de ce genre de difficultés était de procéder par analogie en effectuant une transposition simplifiée des problèmes à résoudre dans un domaine plus familier.

Contrairement à Lucifer, ange déchu censé apporter la lumière, j’ai trouvé intéressant de me servir de celle-ci pour illustrer cet article qui, je l’espère, permettra d’éclairer ce problème sous un jour nouveau afin d’éviter de porter les enfers chez le voisinage !

Considérons simplement notre batterie électronique à isoler non plus comme une source de bruit mais comme une source de lumière qui rayonne dans toute la pièce. J’ai déjà expliqué dans cet article que la propagation du son chez les voisins se fait par le biais des infrastructures communes aux appartements : cloisons, sols, plafonds, tuyauteries mais aussi portes et fenêtres… Afin d’éviter que l’une de ces parois entre en vibration, il faut la préserver des ondes qui peuvent l’atteindre. Dans le cas de la lumière, tout obstacle opaque suffit amplement, tel qu’un abat-jour qui permet de contrôler la diffusion de la lumière d’une lampe de chevet. Lorsqu’en photo on a besoin de diriger et contrôler les sources de lumières, on utilise des parapluies, des réflecteurs. Plus une matière est sombre, plus elle absorbe la lumière, plus elle est claire plus elle la réfléchit.

Dans le domaine acoustique, il y a aussi des matières plus ou moins absorbantes ou plus moins réverbérantes. Mais à contrario de la lumière il est très difficile pour chacun d’entre nous d’en apprécier les propriétés acoustiques. J’en veux pour preuve cette tarte à la crème récurrente qu’est la boîte à oeufs, dispositif totalement inutile dans le traitement acoustique qui, malgré tout, est régulièrement considéré comme « miraculeux » par les amateurs… non éclairés !

Sans pour autant s’investir dans des calculs complexes ou des articles techniques très poussés, tout le monde sait qu’il faut plus de force et d’énergie pour déplacer un objet lourd et encombrant, telle qu’une machine à laver, plutôt qu’une boîte à oeufs, même remplie !

Dès lors, l’équivalent acoustique d’une paroi sombre qui absorbe la lumière est une paroi lourde à laquelle une onde acoustique aura toutes les difficultés à transmettre son énergie, surtout si celle-ci est déjà faible. Comme le disait Antoine Lavoisier, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et l’énergie acoustique n’échappe pas à ce principe. En rencontrant un obstacle massif, l’onde acoustique va se transformer en chaleur par frottement, une partie plus ou moins grande du signal sera réfléchie et le reste diffusé dans cet obstacle toujours sous la forme d’une onde acoustique qui mettra ensuite en vibration tous les autres volumes d’air à proximité et non exposés directement à la source sonore d’origine.

C’est ce dernier point qui est important car si l’onde acoustique arrive à transmettre une infime partie de son énergie à notre objet massif, celui-ci se comporte alors comme un résonateur qui va amplifier ou propager le signal et ce, à une vitesse bien plus importante que l’air ambiant (souvenez-vous des p’tits indiens dans les westerns posant leur oreille sur les rails de chemin de fer, matière dans laquelle le son se propage à 5 km à la seconde contre un peu plus de 300 m/s dans l’air !). Or c’est à tout prix ce que nous souhaitons éviter ! Voilà donc une autre caractéristique importante de notre objet « sombre », il ne doit pas pouvoir lui-même communiquer son énergie acoustique sinon il ferait pire que mieux en se comportant comme un objet « transparent » ou « réfléchissant ».

J’avais déjà eu un échange avec l’un des lecteurs du site qui avait installé sa batterie sous son lit mezzanine et s’était servi de l’armature pour y fixer des parois isolantes. J’ai moi-même déjà tiré profit de ce type de lit, dont je possède deux exemplaires en « parfait état de marche », pour limiter la transmission des bruits vers le plafond grâce au matelas en mousse. En voilà une matière « sombre » intéressante : le matelas en mousse !… Attention cependant, je parle ici d’un « vrai » matelas, lourd, dense, cauchemardesque à transporter lors des déménagements et non du bloc de mousse type clic-clac qui pèse quelques grammes. Un bon matelas (pour dormir !) doit avoir une densité de 25 à 35 kg par m3 sinon bonjour les maux de dos le matin que, de toute façon, vous choperez en le déménageant ! Je ne parle pas non plus du matelas à ressort dont je doute des propriétés acoustiques pour la bonne et simple raison que le ressort est utilisé dans les unités de réverbération afin de « délayer » le son. De là à reconnaître un batteur au fait qu’il dorme dans un lit mezzanine au dessus de son instrument adoré… Bref, passons…

Imaginez un instant que vous puissiez disposer d’autant de « vrais » matelas lourds et denses que nécessaire pour entourer votre batterie : devant, sur les côté au dessus et derrière le tabouret du batteur. De quoi largement empêcher le son/lumière d’atteindre directement les murs de la pièce où vous jouez non ? L’ennui c’est que de tels matelas coûtent chers et que vous allez mettre un certain temps à en réunir suffisamment même si vous changez de literie tous les trois ans… Bien entendu il est toujours possible d’en récupérer (par exemple chez le voisin qui se plaint du bruit !) mais bonjour l’hygiène. Néanmoins, disposer un matelas entre la batterie et le mur mitoyen principal peut déjà aider à résoudre une partie du problème, surtout si des tuyauteries courent le long de ce dernier. Et puis, il faudra pouvoir le maintenir d’aplomb afin qu’il ne s’écroule pas…

        A suivre…

 Commentaires (2) 

  1. nexagi dit :

    Salut WAN .. je m’installe dans un new appart et j’ai effectivement acheté un lit mezzanine avec un vrai matelas mousse. Veux tu bien me dire quel type parois isolantes avaient été installée sur l’armature du lit pour isoler les murs ? je pensais acheter des plaques de polystirene , mais bof…
    merci de ton aide

    • -wan- dit :

      Bonjour Nexagi,

      en fait je n’avais pas installé d’isolant acoustique sur les parois du lit mezzanine car sur le côté mitoyen j’avais trois étagères remplies de livres (très absorbant !), sur un autre côté l’attirail informatique avec les racks de traitement audio (sous une mansarde) et enfin la batterie avec derrière un passage au double rack de guitares (ce qui n’était vraiment pas la meilleure solution car ça amplifiait). Le dernier côté était ouvert et permettait l’accès à cette « tanière » !

      Malheureusement le polystyrène est, au contraire d’un matelas, léger et rigide donc très résonnant, donc inadapté à l’isolation acoustique. Aujourd’hui pour isoler le mur mitoyen de ma batterie j’utilise un matelas dressé contre celui-ci, c’est le moyen le plus efficace que j’ai pu trouver…

      -wan-

 Laisser un commentaire 

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


 Menu 

 © 2017 - wan-vox