IK Multimedia T-RackS 5 : la maturité

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C’est en 1999 que l’éditeur italien IK Multimedia a publié la première version de son logiciel à tête de dinosaure baptisé T-RackS. L’ambition affichée dès le début était de proposer un outil de mastering entièrement logiciel et autonome, capable de rivaliser avec les traitements analogiques utilisés en studio. J’ai personnellement investi temps et argent dans T-RackS à partir de la version 3 après avoir été un utilisateur bluffé et conquis de la déclinaison « Jimi Hendrix » de leur simulateur d’amplis guitare Amplitube. La version 5 de T-RackS représente à mes yeux une évolution majeure de cet outil au point de motiver l’écriture du présent article !

L’étape de mastering reste encore aujourd’hui trop souvent nimbée d’une aura mystique. Secret de gardien du temple ? Magie d’un matériel si pointu et coûteux qu’il restera à jamais inaccessible pour la plupart d’entre nous ? Personnellement j’ai une approche très pragmatique des  sujets que j’aborde et rien ne m’agace plus que de les voir entourés de tant de mystères. Le mastering en fait partie alors que ce n’est qu’une étape comme une autre de la production musicale, faite par des humains de la même espèce que vous et moi. Je ne dis pas qu’elle est simple et qu’une paire d’enceintes de PC suffisent mais de là à en faire une science occulte, c’est un pas que je ne franchirai jamais !

Le mastering nécessite quelques connaissances techniques bien spécifiques, une oreille attentive, de la finesse et un minimum de matériel. C’est ce que j’appelle les pré-requis et s’ils ne sont pas satisfaits alors le résultat sera forcément hasardeux et décevant, un peu comme d’aller faire de la plongée sans masque par exemple…

C’est justement en cela que T-Racks 5 représente une évolution majeure par rapport aux versions précédentes. T-RackS peut être utilisé, depuis la version 3 si je ne m’abuse, de trois façons différents : soit en chaîne de mastering « standalone », soit en tant que chaîne de mastering « plugin » (la fenêtre d’assemblage en moins) au sein d’une application hôte ou encore en insérant individuellement les modules de la chaîne de mastering directement comme « plugin » au sein d’une application hôte. Aujourd’hui dans sa version « MAX », T-Racks ne compte pas moins de 38 modules (!) qui sont aussi largement exploitables en tant que simple « plugin ».

En fait c’est la première fois que je parviens à des résultats très satisfaisants et une précision exceptionnelle en travaillant simplement avec la version « standalone ». Auparavant j’étais toujours obligé d’héberger la version « plugin » au sein d’une application hôte (Reaper en l’occurrence) pour pouvoir obtenir un résultat plus précis qu’en utilisant T-RackS seul. Le rendu sonore était de très bonne qualité mais l’interface souffrait de quelques lacunes à commencer par les instruments de mesure, quelques soucis d’ergonomie qui rendaient les manipulations pénibles à la longue et un sentiment diffus de ne pas avoir de réel point de repère fiable. Travailler avec T-rackS dans Reaper me permettait de combler ces petits travers tout en tirant profit de la qualité des traitements.

Donc oui, T-RackS en version 5 est désormais un outil de mastering complet au point que c’en est devenu une étape très plaisante, celle où la qualité du mixage en entrée permet de sublimer le morceau ou… de s’apercevoir qu’il vaut mieux retourner au mixage ! Car c’est bien un autre des pré requis indispensables à la réussite d’un master : avoir soigné son mixage en ne tapant pas dans le rouge et en ayant eu soin de respecter certains principes de base comme la compatibilité mono. Entre autres…

L’une des premières choses qui m’a intriguée, c’est l’absence de gain en entrée de la chaîne de mastering. En effet comme je vise un maximum de -6 dB en crête au sortir du mixage, mon premier réflexe a été d’utiliser le premier traitement de la chaîne pour remonter le niveau jusqu’à ce que rapidement je découvre qu’il était possible de le faire de manière neutre dans la toute nouvelle fenêtre d’assemblage, où une barre de réglage de gain en lecture se superpose  à la courbe d’échantillonnage du morceau. On bénéficie alors d’une amplitude de gain qui monte jusqu’à  +6 dB : voilà qui est parfait !

Ensuite plusieurs choix s’offrent alors : enchaîner soit même les traitements si l’on est sûr de ce que l’on cherche à obtenir ou utiliser les presets proposés. Je me suis évidemment précipité tout de suite sur les presets utilisant les modules dont je ne disposais pas dans la version 3 et je ne  fus pas déçu.

A noter un comportement récurrent dont je ne sais s’il est dû à mon PC, au fait de travailler avec deux écrans, à mes clics compulsifs ou à l’OS, l’ouverture d’une fenêtre annexe comme celles d’assemblage ou de mesure se produit  à l’extrême gauche de la partie visible du bureau. Résultat je ne vois qu’un fin bandeau de la partie droite de la fenêtre qui vient de s’ouvrir. Il faut alors l’étirer pour pouvoir accéder à autre chose que le bouton de fermeture et ramener la fenêtre sur la partie visible du bureau ! C’est un peu pénible mais je n’ai pas encore trouvé d’où ça venait.

Au nombre des autres désagréments, je trouve la couleur des polices de caractère et des boutons d’interface beaucoup trop sombres et trop proche de la couleur de fond, c’est fatiguant visuellement. Ensuite le driver de mon interface ECHO Digital ne fonctionne pas en sortie (c’est d’ailleurs aussi le cas dans Amplitube 4), je dois passer par le driver Audio4all sur les conseils du support IK Multimedia, qui au passage répond rapidement aux questions qui lui sont soumises. Pour quelle raison ? Mystère…

Par ailleurs, il n’est pas prévu au sein du logiciel de commuter facilement entre plusieurs sorties audio, il faut impérativement passer par le menu « Audio Settings » ce qui interrompt la lecture et dans un sens embrouille l’esprit avec des considérations techniques dont on aimerait pouvoir se passer dans ces moments là.

Ce qui manque cruellement et me frustre, sans être pour autant rédhibitoire, c’est l’impossibilité d’insérer dans la chaîne de traitement d’autres plugins avec lesquels je suis déjà familier (et accro !), comme par exemple les excellents Pro-Q2, Pro-C2 et Pro-L2 de fabfilter dont il faudra d’ailleurs que je vous cause un de ces quatre…

Comme je le soulignais ci-dessus, le point qui me chagrine le plus, c’est que je ne suis pas parvenu à utiliser le pilote natif de ma carte son Audiofirewire8 pour travailler avec T-RackS mais j’ai dû contourner le problème en utilisant le pilote générique Asio4All. Je n’avais pas ce souci dans la version précédente de T-RackS et bien que les sorties du pilote natif apparaissent dans le paramétrage, aucun son n’en sort quand on les sélectionne. J’ai d’ailleurs constaté le même problème dans Amplitube 4 alors que dans la version 3 tout fonctionnait normalement. Mieux (ou pire !) encore, les entrées natives sont opérationnelles dans Amplitube 4. C’est étrange et j’espère qu’un correctif va permettre de revenir à une situation plus cohérente à ce niveau.

Cependant, ces éléments n’entament pas le plaisir de travailler aujourd’hui avec T-RackS de manière totalement indépendante. Que ce soit la qualité du moteur audio, la qualité des traitements, les nouveaux outils de mesure et toutes les options qui les accompagnent, la fenêtre d’assemblage, cette version 5 est une vraie avancée là où, avec les précédentes versions, j’étais contraint d’utiliser T-RackS inséré en plugin dans Reaper pour bénéficier de toute la puissance de ce dernier et notamment d’autres plugins de mesure. Ce n’est désormais plus nécessaire avec la version 5. D’ailleurs, j’utilise désormais le plugin de mesure de T-Racks en sortie de mixage dans Reaper ce qui me permet une transition plus simple vers le mastering en ayant les mêmes points de repère ! Certes on ne mixe pas avec les yeux mais c’est bien pratique tout de même.

Pour conclure, même si certains détails restent perfectibles, T-RackS est à mon sens devenu avec cette version 5 un véritable outil de mastering totalement mature et fonctionnel. Et je n’ai fait ici qu’effleurer le sujet car certains modules mériteraient à eux seuls tout un article comme les excellents Stealth Limiter, Saturator X, ONE, Dyna-mu, Master Match ainsi que toutes les possibilités offertes par la fenêtre d’assemblage.

 

 

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