Plugins d’ampli pour guitare – Partie 3 : suite de l’évaluation de quelques références

Suite de l’évaluation des plugins d’ampli guitare après avoir au départ défini les critères et passé en revue une première série de références.

Voici la deuxième « fournée » de produits que je vous propose cette fois de passer en revue :

  • S-Gear 3 de Scuffham
  • plusieurs plugins de Neural DSP
  • MGuitarArchitect de Melda Production
  • tous les plugins d’ampli pour guitare et basse de Brainworx
  • Tonex d’IK Multimedia
  • Genome de Two Notes

S-Gear 3 (Scuffham) : cinq amplis génériques mais soignés

Ce plugin pourrait être un croisement entre un Voltage Amps pour son nombre restreint (mais largement suffisant) d’amplis « classiques » à la modélisation vraiment très soignée et un ReValver dans la philosophie de son interface qui aurait cependant subit un régime drastique dans le nombre de ses modules (il n’y a que trois pédales d’effet !). Mais il ne faut pas se fier au nombre limité des matériels émulés, chacun d’eux est suffisamment détaillé pour offrir un nombre infini de possibilités.

J’ai une affection particulière pour ce plugin, même si son interface semble d’un autre âge, car il se démarque des autres produits par la grande qualité de ses simulations. Il n’existe pas non plus des millions de façon de l’acquérir : le prix est fixe et permet d’accéder à la totalité de ses modules sans aucune entourloupe, c’est à prendre ou à laisser et moi j’aime bien quand tout est clair !

Pour rappel, les rubriques suivantes seront évaluées pour chaque plugin sur une  échelle de 0 à 3 (0 étant médiocre, 1 moyen, 2 bon et 3 excellent) :

RUBRIQUEEVALUATION
Transparence du contrôle de licence3
Sensibilité aux nuances de jeu3
Réactivité aux micros utilisés3
Ergonomie de l’interface2
Implémentation MIDI2
Paramètres modifiables2
Gestion des presets2
Qualité sonore3
Adaptabilité2
Politique de prix3
TOTAL25 sur 30

Neural DSP : entre rêve et réalité

Difficile d’ignorer les plugins concoctés par Neural DSP qui survolent actuellement les débats en matière de qualité sonore, d’originalité et d’ergonomie. Pourtant je ne succombe pas ici à un effet de mode car je ne m’y suis mis que très récemment, leurs premiers plugins étant trop orientés « gros son » pour moi qui navigue entre clair, crunch ou overdrive !

Jeune entreprise finlandaise créée par le fondateur de la marque Darkglass avec l’un de ses employés, Neural DSP a d’abord commencé par modéliser sous forme de plugin son propre ampli basse puis rapidement un autre plugin dédié aux amplis Fortin. Dès le début ceux-ci ont provoqué un engouement rapide et unanime, non sans raison, ce qui leur a permis de développer ensuite le pédalier Quad Cortex, exploitant leurs modélisations de manière autonome et compacte.

Depuis lors, bien d’autres plugins ont vu le jour et c’est en particulier leur « Morgan Amps Suite » qui a de nouveau éveillé ma curiosité pour cette marque que je pensais définitivement vouée au métal. Autant dire que la claque a été monumentale lorsque j’ai essayé ce plugin : une dynamique incroyable comme jamais je n’en avais encore connue dans le domaine numérique, et tout ça sans distorsion ou compression artificielle ! Un tour de force technique qui a laissé la concurrence sur place…

Ce n’est pas très rationnel de ma part mais il y a quelque choses de magique dans leurs plugins. Est-ce l’interaction très organique avec chaque modèle de guitare, chaque type de micro qui provoque systématiquement l’inspiration ? Ou leurs nombreux presets allant de la simulation pure aux sons les plus délirants qui invite à être spontanément créatif ? Car on se prend à voyager dans toutes ces galaxies sonores pendant des heures sans même ressentir le besoin de triturer les moindres réglages pourtant bien là et très efficaces ! L’interface limpide est identique dans son organisation et son fonctionnement d’un plugin à l’autre mais baigne dans des atmosphères à chaque fois différente. C’est sobre mais réussi.

Mes univers préférés ? Les Archetypes de Mateus Asato, Rebea (et son synthé dont je reparlerai dans un article consacré à JAM Origin), Plini, Nolly et Tom Morello, sans oublier les modélisation du Tone King Imperial et des Morgan beaucoup plus classiques mais tout simplement superbes. Et j’en suis encore le premier surpris mais Neural DSP m’a fait aimer le « gros son » : c’est la première fois que je n’ai pas l’impression de jouer avec un simulateur d’essaim d’abeilles !

RUBRIQUEEVALUATION
Transparence du contrôle de licence3
Sensibilité aux nuances de jeu3
Réactivité aux micros utilisés3
Ergonomie de l’interface3
Implémentation MIDI3
Paramètres modifiables2
Gestion des presets2
Qualité sonore3
Adaptabilité2
Politique de prix3
TOTAL27 sur 30

MGuitarArchitecte (Melda Production) : laboratoire d’expérimentation

Si Neural DSP est la belle, MGuitarArchitect est la bête tant il est modulable et paramétrable à l’infini via une interface qu’on aime ou qu’on déteste ! Mais passer juste derrière les excellents produits de la société finlandaise n’est pas une mince affaire pour MeldaProduction qui ne démérite pas pour autant.

Je vois plus MGuitarArchitect comme une alternative à Guitar Rig, une sorte de laboratoire pour savant fou expérimentateur, beaucoup plus orienté prod que simulation même si l’inclusion en module du Neural Amp Modeler de Steven Atkinson compense cette tendance.

En résumé, on s’amuse plus avec MGuitarArchitect à triturer des pistes déjà enregistrées (et pas forcément uniquement de guitare) qu’à l’utiliser comme simulation d’ampli pour jouer.

RUBRIQUEEVALUATION
Transparence du contrôle de licence3
Sensibilité aux nuances de jeu1
Réactivité aux micros utilisés2
Ergonomie de l’interface1 (il faut tout de même s’y habituer)
Implémentation MIDI3
Paramètres modifiables3
Gestion des presets3
Qualité sonore2
Adaptabilité2
Politique de prix1
TOTAL21 sur 30

Brainworx : de bons amplis pour basse…

… et plus « dans la norme » pour le reste mais çà n’engage que moi. En tout cas leurs plugins n’ont pas un design de toute première jeunesse et sans, qu’on sache vraiment pourquoi, leurs interfaces parfois différentes ne sont pas toutes redimensionnables.

L’implémentation MIDI n’existe pas, il faudra passer par l’hôte pour pouvoir « potariser » ces plugins. Ensuite chacun doit être chargé individuellement (même les pédales d’effet). On ne peut pas faire plus modulaire mais est-ce vraiment par souci d’adaptabilité des plugins ou pour des raisons marketing ? La question se pose toujours avec Brainworx, sous tutelle Plugin Alliance (ou l’inverse ?), qui fait partie de ses quelques marques où on a rarement l’impression de payer le juste prix des choses, surtout quand on peut trouver le bundle complet avec 34 modélisations pour le prix de deux plugins individuels !

RUBRIQUEEVALUATION
Transparence du contrôle de licence3
Sensibilité aux nuances de jeu2
Réactivité aux micros utilisés2
Ergonomie de l’interface2
Implémentation MIDI0
Paramètres modifiables2
Gestion des presets1
Qualité sonore2
Adaptabilité3
Politique de prix1
TOTAL17 sur 30

Tonex (IK Multimedia) : dans la moyenne

Je m’attendais à beaucoup mieux venant d’IK Multimedia surtout pour le prix de la version complète (et logiquement je constate le même problème qu’Amplitube dans leur politique marketing). Certes cela fait le job mais peut-être que je ne sais tout simplement pas m’en servir correctement. Est-ce que cela voudrait dire qu’il ne donne des résultats intéressants qu’après avoir été trituré dans tous les sens ?

Hélas, le système « d’empreinte » de Tonex ne permet pas non plus de tordre un preset de manière très significative et il faudra en changer pour éventuellement s’approcher du son recherché. Sauf que les presets semblent plus « empilés » les uns sur les autres que classés par proximité de rendu, ce qui revient à chercher une aiguille dans une botte de foin tellement ça paraît long de les essayer un par un.

Bref, ce plugin n’est peut-être tout simplement pas fait pour moi ! A noter tout de même que la désactivation des différents modules est ici beaucoup plus claire que dans Amplitube ce qui améliore son adaptabilité. J’avoue cependant avoir beaucoup de mal à être indulgent avec Tonex, même si je sais pertinemment qu’il se positionne au delà de l’utilisation comme simple plugin… Mais comme c’est uniquement dans ce contexte d’utilisation que je l’évalue ici, le résultat reste moyen.

RUBRIQUEEVALUATION
Transparence du contrôle de licence0
Sensibilité aux nuances de jeu2
Réactivité aux micros utilisés2
Ergonomie de l’interface2
Implémentation MIDI2
Paramètres modifiables1
Gestion des presets1
Qualité sonore2
Adaptabilité2
Politique de prix0
TOTAL14 sur 30

Genome (Two Notes) : une interface et des sons de qualité

Genome est un produit assez récent et son éditeur Two Notes donne le sentiment d’être vraiment à l’écoute de ses utilisateurs : tous les petits défauts des premières versions sont corrigés au fur et à mesure, les fonctionnalités manquantes viennent se greffer peu à peu (comme le standalone), voilà déjà un bon point !

Les mises à jours sont régulières et généreuses bien que tout ne soit pas gratuit même quand on possède la version complète appelée « Genome Suite ». Cependant, les modules qu’on ne possède pas sont clairement repérés par un caddie dans l’interface et le fait de les choisir permet de les essayer sans pour autant nous envoyer automatiquement sur la page d’achat en ligne. Je considère donc que la politique de prix est assez claire dans le sens où elle n’est pas piégeuse.

Je trouve le rendu de très bonne qualité, l’ergonomie est claire et simple à utiliser, il est facile d’obtenir rapidement ce que l’on cherche. Je ne sais pas si c’est toujours le cas aujourd’hui mais une licence Genome était incluse avec la loadbox Torpedo lorsque j’en ai fait l’acquisition. Un produit sympathique et agréable à utiliser.

RUBRIQUEEVALUATION
Transparence du contrôle de licence3
Sensibilité aux nuances de jeu3
Réactivité aux micros utilisés3
Ergonomie de l’interface3
Implémentation MIDI2
Paramètres modifiables3
Gestion des presets2
Qualité sonore3
Adaptabilité2
Politique de prix3
TOTAL27 sur 30

La suite de l’évaluation des autres produits en partie 4…

– wan –

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